Certains quand ils visitent Tokyo prennent des bains chez Ô-Edo Onsen ; moi ce matin j'ai pris mon bain avec une poignée de professeurs au QG de la police métropolitaine, en face de la Diète (le parlement).
L'entraînement s'est bien passé, même si c'était difficile d'être réveillé après une petite nuit de 4 heures étalé dans une alcôve molletonnée du Gran cyber cafe Bagus à Ikebukuro, avec une petite couverture étendue sur les jambes et un bout de coussin en cuir sous les oreilles. La nuit avait quand même bien commencé par un repas sympa chez Jonathan avec Yukiko, et je suis toujours épaté de l'aspect bon marché de ces Manga-kissa : à peine plus de 10 € pour passer six heures devant un PC dans un box individuel à moitié aménagé en lit, et les soft-drinks à volonté. Un supplément d'à peine 5 € pour 20 minutes de douche (parce que je sortais de l'entraînement de kendo la veille au soir). Il faut dire du coup que le PC n'a pas servi à grand-chose, parce que j'étais claqué. Je me suis juste pris des jus de fruit et une grosse glace à la fraise (je me sens toujours des envies décadentes dans les Manga-kissa. C'est l'ambiance). Par contre, la nuit fut rude, entre les voisins ronfleurs, la clim un peu trop forte et la peur de ne pas entendre mon réveil (du coup, j'ouvrai les yeux toutes les demi-heures, pour être sûr).
A 5 heures j'ai plié bagage (et quels bagages ! L'amure complète, les dôgi de kendo et de iaido, les sabres d'entraînement et le iaitô dans son étuis, plus des habits de rechange. Ils ne doivent pas voir ça souvent au Bagus). 5h30 dans le métro, ligne Yûrakucho jusqu'à Sakuradamon, et Onikubo-sensei nous a fait rentrer dans l'enceinte sacré du QG (on a pris une carte "visiteurs" quoi) avec deux nippono-mexicains aussi en visite. A six heures on étaient en tenue dans le dojo du lieu, tout en haut du bâtiment (16ème étage). Après une heure de travail individuel, Itô est arrivé et le cours a commencé.
Il a encore insisté pour que je vienne vivre au Japon, et Sakai-sensei m'a encore appris plein de trucs. Je me suis aussi fait engueuler/taquiner parce que je me lavais à la main dans les douches au lieu d'utiliser mon tenugui, comme tous les vieux. Je le referai plus, c'est promis.
Ce matin, c'était pas facile, parce qu'il y a de gros typhons dans l'Ouest, et du coup Tokyo est à nouveau sous la pluie, façon giboulées de mars mais à 30°C, avec l'humidité qui fait perler la sueur même ans effort. J'ai aussi eu l'occasion de voir quelques kata inconnus d'une autre école que celle qu'on pratique habituellement, qui est Muso-shinden-ryû [夢想神伝流]. ATTENTION ! Ne lisez pas "Muzo-shinden", ça ne veut plus rien dire (et ça me met de travers). C'est pas l'école du museau de bœuf, c'est l'école de la transmission par le rêve divin. C'est quand même autrement la classe !
En sortant, ça tombait donc plus ou moins à grosses gouttes, mais j'ai évité le pire de l'averse, et j'ai marché jusqu'à la gare de Tokyo. Finalement, ça m'a pris une bonne demi-heure, mais je suis le roi pour esquiver les métros quand je peux éviter de payer un billet. Du coup, je suis rentré par le parc d'Hibiya en longeant le palais impérial, c'était pas plus mal et ça faisait une chouette balade (si on omet les 20 kg de matériel sur le dos). Je sais pas ce qui se passait à la Diète aujourd'hui, mais y'avait des caméras partout, et la gare de Tokyo était quadrillée tous les 10 mètres par des flics ou des agents secrets en costumes noirs, oreillettes et parapluies. On se croyait un peu dans Kingsman, mais version japonaise. Bizarrement, malgré les sacs de matériel et mon air d'étranger louche, personne n'a semblé me voir comme une menace. Je dois avoir l'air trop gentil.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Toi aussi, tu peux kiffer la life en exprimant ta pensée profonde !