Soulagement au check-in : Internet raconte n'importe quoi, on a bien droit à 30 kg de bagage en soute. Moi j'avais lu 20 kg, et avec tout le matos, je montais à 23. Le gars au comptoir a l'air agacé, y'a des bébés qui pleurent partout, ça fait du bruit. Je lui fait une petite blague pour détendre, il se marre et me dit : "C'est rien, vous vous allez les supporter pendant 4 heures !". Ah, oui, tien.
Avec ces conneries de sécurité sur les liquides, pas moyen de faire passer une bouteille d'eau. On crève de chaud et c'est les vendeurs de la zone détaxée qui se frottent les mains. On pourrait refaire le gag de Gad Elmaleh sur le Coca Cola en station de ski. La bouteille de 50 cl coûte presque le double d'une bouteille de 2 L en grande surface. Le terrorisme international au service du capitalisme international.
Normalement, l'avion était prévu à 18 heures. Mais la Turkish Airlines avait un petit problème. Alors nous avons attendu jusqu'à 18 heures 15 pour embarquer (c'est inadmissible ! Je paye, moi môssieur !), et nous sommes finalement partis à plus de 18 heures 30. On était encore loin de la ponctualité japonaise, mais pas d'inquiétude pour notre correspondance.
Dans l'avion, des films, des Turcs, des trucs, des Français... un repas en papier aluminium orange.
Istambul : arrivée de nuit, plein de lumières, une grosse nappe noire en guise de Bosphore, et pas moyen d'imaginer où peut bien se trouver Sainte Sophie. Une jeune Turque-Française pour voisine, qui rentre voir de la famille, et qui nous raconte un peu la galère des heures de bus qu'elle va devoir se taper le lendemain pour aller dans son village d'origine, à l'intérieur des terres.
A l'aéroport, des vagues de pèlerins emmitouflés dans ce qui ressemble à des serviettes de bain blanches (immaculées), sandales au pied. Il en va dans tous les sens, au milieu des touristes à casquette et sac à dos qui font un contraste coloré.
On finit par repérer notre salle d'attente, quelques dizaines de mètres carrés de moquette bleue avec des rangées de sièges, blindée de Japonais de tous les âges, et tout particulièrement de l'âge vénérable où à défaut de la santé, on a du moins le temps pour voyager. Ça commence à parler japonais dans tous les sens à demi-voix, un guide fait de magnifiques annonces ampoulées dans la langue de révérence [kei-go] propre à ce genre de situation où un jeune employé dynamique est au service d'un troupeau de clients seniors qu'il vaut mieux ne pas égarer. Pas une place où s'asseoir : on est déjà dans l'ambiance de Tôkyô, c'est parfait.
On finit par repartir, deux-trois Français chipoteurs et insupportables pour faire bonne mesure, sur une pleine cargaison de Japonais. Des hôtesses turques pour colorer le tableau. On se lance dans des parties d'échec endiablées avec l'ordinateur de bord (aucune incidence sur le vol ; heureusement, parce qu'on s'est plutôt fait tataner en mode facile). Vient une barquette au papier aluminium bleue, et plus tard une rouge. Apparemment, il y a des goûts différents. Ça rythme le vol.
On a fait semblant de dormir un peu, et quand on est arrivé... c'était le soir. On remplit le petit papier jaune qui dit qu'on ne porte pas d'arme, de drogue etc. On passe l'immigration grâce à un autre petit papier détachable qui dit qu'on ne porte pas d'arme, de drogue etc. Puis on récupère nos bagages et on passe la douane, qui vérifie si on ne porte pas d'arme, de drogue, etc. Je suis heureux, je peux faire le malin avec mon japonais qui commence à revenir dans mon cerveaux, et mes visas "Working-Holidays" et "Foreign Student". Le gars me regarde un peu suspicieux ("mais pourquoi il revient lui ?"), je le baratine sur le fait qu'on vient rendre visite à de la famille du copain, et il ne me demande même pas d'ouvrir la valise. Trop blasé. Moi je voulais lui montrer mon armure de kendo, histoire de vraiment me la péter !
Hiromi et Romain nous attendent à la sortie, et c'est parti pour le train !

La suite de la soirée se passe dans une Izakaya de la station de Minami-Nagareyama, près de laquelle nos hôtes habitent.
Retour à la bouffe japonaise !


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